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Jules MARTINET (1896-1944)



Jules MARTINET

Sépulture de Jules MARTINET, Dreux

Dimanche 25 avril 2010, à Dreux, les travaux de recherches de l’ARMREL ont permis l’inauguration d’une plaque à la mémoire du lieutenant FFI Jules MARTINET.

La réussite de cette manifestation est le résultat d’une étroite coopération avec Jean-Paul BOUCHON, responsable local du Souvenir Français. Le général Noël du Peyrat a bien voulu dévoiler la plaque aux côtés de Renée BENTAMI, fille du lieutenant MARTINET.

Sépulture de Jules MARTINET, Dreux

Texte interprété le 25 avril 2010.

 Le 25 août 1944, Paris recouvrait la liberté après 1518 jours d’occupation. Six jours plus tôt, Yves Bayet « au nom de la République, au nom du général De Gaulle » avait pris possession de la Préfecture de Police, déclenchant l’insurrection dans la capitale. La bataille meurtrière qui s’engageait alors ne trouva d’issue victorieuse que grâce à l’appui décisif des troupes de Leclerc et des contingents FFI venus de province. Des hommes et des femmes d’Eure-et-Loir étaient parmi ces volontaires. 

 L’un d’eux était à la tête des F.F.I. de Dreux, il s’appelait Jules Martinet. 


Jules Martinet est né à Thiers en 1896. Comme son père, Gilbert, il est coutelier.
L’été 1914 bouleverse cette vie qui semblait toute tracée.

Jules s’engage en avril 1915, il vient d’avoir dix-neuf ans et rejoint le 22e colonial. Le petit Auvergnat se distingue rapidement par son audace. Quarante mois de guerre, les combats sur la Somme, l’offensive du Chemin des Dames, les tranchées de Verdun, plusieurs citations et la croix de guerre.
La guerre achevée, le sergent Martinet poursuit une carrière militaire, d’abord dans l’artillerie puis au sein de plusieurs régiments d’infanterie coloniale, en Syrie, au Maroc, en Algérie, au Mali. Ses états de service lui valent d’être fait chevalier de la Légion d’Honneur.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, Jules Martinet est adjudant-chef, il est au 1er R.I.C., installé à la Caserne de Billy, à Dreux. Le 9 septembre, le régiment prend la direction de l’Alsace.
Après neuf mois d’attente, mai 1940 met fin à la « drôle de guerre » : l’offensive allemande commence, brutale, rapide et semblant irréductible. Pourtant, et malgré une légende tenace, l’armée française ne faillit pas. Les 13, 14 et 15 juin, l’adjudant-chef Martinet commande une section de mitrailleuses au Mort-Homme. Les pertes infligées à l’ennemi sont qualifiées d’appréciables. Jules s’assure du résultat de ses tirs et si cette audace lui vaut une citation à l’ordre du corps d’armée, elle est aussi cause de sa capture par l’ennemi.
Après quelques mois en Autriche, au stalag XVII B, Jules Martinet est rapatrié puis démobilisé : il regagne Dreux où il occupe un poste au service du ravitaillement général. Animé par l’idée qu’il faut faire « quelque chose » contre l’occupant, il tente en vain de rejoindre les Français Libres en passant par l’Espagne puis, sous le pseudonyme de « Martin » devient un soldat de l’ombre.

En 1942, Jules Martinet est recruté par le lieutenant Chesne, chef de district au ravitaillement de Chartres, et prend en charge le secteur drouais du réseau « Athos », bientôt Incorporé au réseau « Prosper » du S.O.E., les services secrets britanniques. Hélas, les efforts combinés des polices françaises et allemandes laminent les rangs de la Résistance : « Prosper » est démantelé. Son créateur, le major Francis Suttill est arrêté en juin 1943. Léon Chesne tombe en septembre 1943, il est déporté à Buchenwald. Le réseau « Athos » décapité, ses membres se dispersent.

Jules entre en relation avec le boucher de Saint-Piat, Raymond Vauvilliers, à la tête d’un groupe de résistance indépendant et remarquablement actif puis rallie à Dreux les équipes de l’O.C.M. de Pierre July.

Quand survient le débarquement en Normandie, l’ancien adjudant-chef commande un maquis en forêt de Dreux; il y assure l’instruction des jeunes recrues, participe aux parachutages de Crucey et Saint-Lubin-de-Cravant. Son action se conjugue avec celle des groupes francs dirigés par Joseph Bergeron et Francis Dablin.

A l’approche de la libération, et après la tragédie de Neuville-les-Bois, la résistance drouaise choisit prudemment d’attendre les troupes alliées : les F.F.I. du capitaine Farjon et du lieutenant Martinet entrent dans Dreux le 16 août. La ville est libérée.

Regroupés à Chartres au sein de la Colonne Valin, futur 1er Bataillon d’Eure-et-Loir, les FFI montent sur Paris et entrent par la Porte d’Orléans aux côtés de la 2e Division Blindée. Dans la matinée du 25 août, le Colonel Fabien reçoit l’ordre de s’emparer du Palais du Luxembourg. 600 Allemands, lourdement armés, y sont retranchés et déterminés à tenir la position. Fabien, en plus de deux pelotons du capitaine de Boissieu, dispose de 300 combattants et parmi eux, les résistants venus d’Eure-et-Loir. Il y a là Maurice Clavel, Silvia Monfort, Christian Vieljeux, André Doléans, Jacques Letourneau … L’attaque est lancée. Des tirs violents stoppent la progression. Il est onze heures, Farjon et Martinet, avec une dizaine d’hommes, engagent une reconnaissance sur le boulevard St-Michel. Là, à hauteur du n°64, Jules s’effondre, touché à la tête. Roland Farjon, profondément choqué, ordonne le repli puis confie le commandement du groupe Martinet à André Hamelin. Les défenseurs du Sénat capitulent en fin de journée. La mort de Jules Martinet est enregistrée au poste de secours de l’Ecole de Médecine.

Paris est libéré.


A l’angle de la rue Auguste Comte, une simple pancarte, déposée par ses amis, rend hommage au Lieutenant FFI.

« Ici est Tombé le Lieutenant Martinet » …

Alice et Rébecca, Sentinelles de la Mémoire, pendant l'évocation

 Quelques mots dans le marbre pour une destinée foudroyée
Quelques mots pour retrouver un instant le souvenir d’un visage
Quelques mots comme une main tendue vers le passé
Quelques mots pour nous rappeler simplement l’histoire d’un homme 

Texte interprété par
Alice, Rébecca et Geoffrey, Sentinelles de la Mémoire

Autour de la famille de Jules MARTINET, les Sentinelles de la Mémoire, 
							les responsables de l'A.R.M.R.E.L. et du Souvenir Français

Dévoilement de la plaque par Renée BENTAMI et le Général du PEYRAT


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