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Hommage à Geneviève HAUTTAIRE


Geneviève HAUTTAIRE s’est éteinte à 91 ans quelques jours avant Noël.
Cet hommage a été lu lors de la cérémonie des obsèques lundi 23 décembre 2013 en l’église Saint-Pierre de Dreux.

La « Grande Histoire », celle que les enfants apprennent à l’école, oublie souvent de rappeler le rôle de tous les sans-grades basculés dans les péripéties du temps et dont le rôle, si modeste soit-il, a pourtant été essentiel.

Geneviève DENOS est de ces humbles.

Durant l’été 1944, alors qu’elle est employée chez Mme ORIAL au Verger de Muzy, Geneviève participe au sauvetage et au camouflage de plusieurs aviateurs, britanniques et américains, tombés dans la région.
La maison de Mme ORIAL, asile de circonstance, héberge ainsi ces hommes si précieux l’espace de quelques jours, en liaison avec les équipes du Docteur DAUPHIN à Nonancourt et du groupe DABLIN pour la région drouaise. Silence et discrétion sont alors de mise car l’hébergement de combattants alliés est sévèrement réprimé par les troupes d’occupation : chacun, quel que soit son rôle encourt la peine de mort, et ce risque n’est pas légende comme en témoigne le massacre d’un parachutiste canadien et de ses hébergeurs à Verneuil-sur-Avre.

Geneviève se souvenait avec beaucoup d’émotion du passage de deux aviateurs britanniques, amenés par Francis DABLIN et Jean GASPARD peu avant le débarquement en Normandie, et cachés au Verger de Muzy le temps de les rediriger vers la liberté.
Quand Stanley et John ont quitté leur refuge, personne ne pouvait soupçonner qu’un traître les livrerait à la Gestapo un mois plus tard et qu’ils seraient déportés en Allemagne. Donald, le sergent américain tombé à Vert-en-Drouais en juillet, connut le même sort. Ils en revinrent.
D’autres avaient pu retrouver le chemin vers l’Angleterre et reprendre le combat grâce au silence et à la discrétion d’une poignée de braves gens. Ils laissaient derrière eux une image fugace, un espoir encore incertain, d’imprudents souvenirs comme cette toile de parachute dans laquelle une petite couturière allait confectionner sa robe de mariée.

Le temps a passé, la « Grande Histoire » continue de s’écrire et la « Petite Histoire » des humbles, celle de Geneviève, continue en toute simplicité de se raconter, comme à la veillée, au coin du feu…


Merci, Madame, pour votre témoignage.
Merci pour votre silence et votre discrétion.

Max


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