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> Hommages > André MIGDAL


André MIGDAL (1924-2007)

Photographie d'André MIGDAL en 2006

André MIGDAL est né à Paris le 21 juin 1924, il est le quatrième garçon d’une fratrie qui compte onze enfants.

La famille habite au 72 de la rue Claude-Decaen dans le 12e arrondissement.
Avec deux de ses frères, Henri et Robert, André intègre très tôt les rangs de la Résistance.

Dénoncés par des voisins avec une trentaine d’autres camarades, ils sont arrêtés par la SPAC le 24 janvier 1941. Après un passage au dépôt, André, âgé de seize ans et demi, est placé au quartier des mineurs de la prison de Fresnes, cellule 469. Le 30 mai 1941, tout le groupe passe en jugement. Les peines vont jusqu’à vingt ans de travaux forcés; André, lui, est condamné à six mois de prison. Parmi les autres prévenus, on retrouve plus tard Robert qui est déporté le 5 juin 1942, Henri, déporté le 6 juillet 1942 avec Roland PANNETRAT par le convoi des « 45000 », Robert POING fusillé au Mont-Valérien…

Provisoirement libéré, André est placé sous surveillance en attendant de purger sa peine. Il est de nouveau arrêté en septembre 1942 et dirigé vers le camp de Pithiviers dans le Loiret. Pendant quatorze mois, André, esprit contestataire résolu à ne pas céder, s’attire les foudres du commandant du camp en refusant de travailler. C’est à Pithiviers qu’il apprend l’arrestation de ses parents, Joseph et Sophie-Berthe qui sont tout deux déportés à Auschwitz le 13 février 1943.


Vue du camp de Voves (1942). Collection Comité du Souvenir

Le 19 novembre 1943, parmi une centaine d’autres internés, André est transféré à Voves en Eure-et-Loir. Très structuré politiquement grâce à l’action de nombreux cadres syndicaux et de représentants du Parti Communiste, Voves est un lieu d’enfermement où la Résistance demeure active. André y fréquente assidûment « l’Université » du camp : c’est là, comme il le disait, qu’il est devenu un homme.

Le 9 mai 1944, trois jours après l’évasion de quarante-deux internés, le camp de Voves est liquidé. Les 407 derniers internés sont emmenés à Compiègne. André est parmi eux, c’est encore une fois l’un des plus jeunes. Le 21 mai, les « Vovéens » sont intégrés dans un convoi de 2000 déportés. Ils prennent la direction de Neuengamme via Buchenwald où ils arrivent le 24 mai.
André MIGDAL devient le matricule 30655, il est affecté au chantier de Bremen-Farge à la construction du bunker « Valentin », une base sous-marine de la Mer du Nord surnommée « le Tombeau des Français », puis au kommando de Bremen-Osterort (Riespott).


Dessin du N° de matricule d'André MIGDAL

En avril 1945, les marches de la mort jettent les déportés sur les routes. Quelques milliers parviennent ainsi à Lübeck où ils sont embarqués sur quatre bateaux : le Thielbeck, le Deutschland, l’Athen, le Cap Arcona. Le 3 mai 1945, dans l’après-midi, la flottille est survolée par des appareils de la Royal Air Force : les bateaux sont bombardés. Les naufragés subissent le double mitraillage des Allemands et des Britanniques. Les victimes se comptent par milliers. André MIGDAL est parmi les rescapés ; il témoigne de la tragédie de Lübeck dans Les plages de sable rouge (NM7, 2001).

De retour en France, André retrouve le 72 rue Claude-Decaen. 158 habitants de l’immeuble ont été déportés et ne sont pas rentrés. Son père et sa mère, ses frères Henri et Robert sont du nombre.


Couverture de 'Poésies d'un autre monde', Editions Seghers - 1975

En 1948, André épouse Jeannine RODDE dont le père et le grand-père ont été fusillés au Mont-Valérien le 12 août 1942. Depuis son retour de déportation, André MIGDAL n’a de cesse de témoigner, en France et en Allemagne, multipliant les interventions, les conférences et les écrits. Citoyen d’honneur de la ville de Brême, Président de la section de la FNDIRP pour le 10e arrondissement de Paris, Président du Comité du Souvenir du Camp de Voves, André MIGDAL est l’auteur des Poésies d’un autre monde (Seghers, 1975), des Plages de sable rouge (NM7, 2001) et de Chronique de la Base (Auteurs du Monde, 2006).

Il est décédé le 19 février 2007.

Le wagon du Camp de Voves
Cliché Bernard Gasté

Le 17 mai 2009, le wagon du Camp de Voves reçoit le nom de « Wagon André MIGDAL » au cours d’une cérémonie à laquelle participent quatorze Sentinelles de la Mémoire.

Plaque commémorative
Cliché Ornella SCHMITT


Plaque de rue fictive
Plaque fictive réalisée par Geoffrey MARTIN pour les cérémonies de 2009


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