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VOVES
Camp d’internement dans le passé,
lieu de mémoire dans le présent.


Voves, petite commune beauceronne, se situe à une vingtaine de kilomètres au sud de Chartres.
Lors de la Première Guerre mondiale, Voves voit la construction de trois hangars destinés à l’aviation. La troupe s’y installe à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale.
Après la défaite militaire de 1940, quelques 10 000 prisonniers de guerre français sont enfermés dans les baraquements construits précédemment par l’armée.
A l’automne 1944, après la libération de la région, ce sont plusieurs milliers de prisonniers de guerre allemands qui arrivent à Voves.

Entre ces deux périodes, des civils, otages du gouvernement de Vichy et des nazis, sont détenus derrière les barbelés, dans un camp dénommé " centre de séjour surveillé ". C’est en réalité, au sens strict du vocabulaire, un camp de concentration, comme l’attestent les documents administratifs de l’époque.

Voves occupe une place particulière dans la mémoire de la Résistance.
C’est en effet le principal camp d’internement politique de la zone nord : au total, plus de 2 000 hommes y séjournent entre le 5 janvier 1942 et le 9 mai 1944, date de la liquidation du camp.
Les internés forment une population où la plupart des couches de la société française se côtoient.
Les motifs d’arrestation et de mesures d’internement sont multiples dans une France où ne pas adhérer aux idées du gouvernement et s’engager dans des actes de résistance est très sévèrement réprimé.


Stèle commémorative


A Voves, les internés, malgré des conditions de vie très difficiles, s’organisent et préparent l’avenir : ils mettent en place des cours au sein de ce qu’ils nomment eux-mêmes « une université ». On joue et crée des pièces de théâtre, on forme des orchestres. On pratique des sports. Mais, instruction, distractions et sports ne font pas qu’occuper les esprits : toutes ces activités visent à former une future élite et contribuent à préparer des évasions.
82 internés parviennent ainsi à s’évader et rejoignent les rangs de la Résistance, occupant parfois des postes décisifs tels Rino SCOLARI lors de la libération de Paris, Eugène KERBAUL qui participe à la libération de Lille.
La plus retentissante des vingt évasions connues s’effectue grâce au creusement d’un tunnel de 148 mètres permettant à 42 internés de recouvrer la liberté. En 1963, des scénaristes américains se sont en partie inspirés de ce fait d’armes pour le film « La Grande Evasion » (The Great Espace, mis en scène par John STURGES avec Steve McQUEEN et Charles BRONSON).


Wagon André MIGDAL, symbole de la déportation


La grande majorité des détenus n’eut pas la possibilité de quitter le camp de cette façon.
Plus de 600 d’entre eux furent déportés vers les camps de concentration nazis, en Allemagne, en Autriche et en Pologne.
En l’état actuel de nos recherches, nous estimons à un tiers environ le nombre de survivants en 1945; ils ne sont plus aujourd’hui qu’une poignée à pouvoir témoigner de cette tragédie.

La chape de silence n’a pas recouvert l’endroit.
Le site est devenu un lieu de mémoire et d’espoir, sous l’impulsion de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, et surtout du Comité du Souvenir du Camp de Voves.
Chaque année, au mois de mai, une importante cérémonie commémore la liquidation du camp.

La transmission de cette mémoire aux jeunes générations est l’un des buts que se sont fixés les responsables du Comité vovéen avec la reconstitution de l’histoire du camp et de celle de ses internés.
L’histoire du camp de Voves ne s’arrêtera pas avec la disparition des derniers internés : elle est toujours en construction.


Texte : Etienne EGRET, Denis MARTIN.


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